Restitution des crânes des résistants algériens : Emmanuel Macron interpellé

Emmanuel Macron tiendra-t-il parole ? Ici, lors de sa visite à Alger. New Press

Emmanuel Macron tiendra-t-il parole ? Ici, lors de sa visite à Alger. New Press

A peine élu, le président français, Emmanuel Macron, est interpellé sur l’affaire de restitution des crânes des résistants algériens détenus par le Musée de l’Homme. A l’occasion de la commémoration aujourd’hui du 72e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945, Brahim Senouci, écrivain et maître de conférences installé en France, a adressé une lettre ouverte à Macron pour lui rappeler les promesses qu’il a faites lors de sa visite en Algérie, le mois dernier, pour promouvoir les relations entre les deux pays.

«Pour montrer votre bonne foi au peuple algérien, délivrez les crânes, les restes, séquestrés par les vôtres sous prétexte de science ! Montrez que vous n’êtes pas barbares», a-t-il écrit. Senouci, faut-il le rappeler, a lancé, il y a quelques mois, une pétition pour la restitution des restes mortuaires de dizaines d’Algériens qui ont résisté à la colonisation française au XIXe siècle. «Les restes mortuaires de dizaines d’Algériens qui ont résisté à la colonisation française au XIXe siècle, morts au champ d'honneur, sont entreposés dans de vulgaires cartons, rangés dans des armoires métalliques, au Musée de l'Homme de Paris. Ces restes, des crânes secs pour la plupart, datant du milieu du XIXe siècle, appartiennent à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Chérif “Boubaghla” (l’homme à la mule) ; au Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zâatchas (région de Biskra en 1849) ; à Moussa El-Derkaoui et à Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. La tête momifiée d’Aïssa Al-Hamadi, qui fut le lieutenant du Chérif Boubaghla, fait partie de cette découverte, de même que le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben Allel Ben Embarek, lieutenant de l’Emir Abdelkader», avait-il écrit, pour motiver sa pétition qui a requis jusqu’à présent plus de 29 000 signatures.

Le but fixé était de rassembler 35 000 signatures pour demander au Musée de l’Homme de restituer ces restes mortuaires. Ayant interpellé le gouvernement algérien et le ministre des Moudjahiddine en particulier, Senouci a considéré comme impératif que les restes des résistants algériens soient rapatriés en Algérie afin qu’ils y reçoivent une digne sépulture.

Hani Abdi