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Pas de courant,plainte donc contre EDF,depuis 14mois:chantage, fraudes,détournements de fonds,association de malfaiteurs en bande organisée,qui signale sur 7fausses factures bimestrielles,toujours augmentées, et 8sms:coupures immédiates.Ce sont donc des pros de l'arnaque!

 

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La Côte d'Ivoire aux enchères

Elections en Côte D'Ivoire


MIGRANTS, LES “OUBLIÉS” DE COTE D’IVOIRE
 PHILIPPE DUVALSep, 2015
300000 réfugiés ivoiriens ont quitté la Cote d'Ivoire après l'accession d'Ouattara au pouvoir. Ceux là, on les a définitivement passé sous silence!

 
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La crise post-électorale de 2010 et l’intervention de l’armée française  en 2011 pour installer Ouattara et chasser Gbagbo a provoqué l’exil de trois cent mille Ivoiriens, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Ils ont fui d’abord vers les pays limitrophes et il en reste au moins soixante mille dans des camps au Liberia, où ils sont retenus en raison de l’épidémie Ebola. Les autres ont été rapatriés ou ont tenté et parfois réussi à gagner l’Europe et la France.

Des réfugiés sans statut

Quelques centaines d’entre eux sont toujours bloqués derrière le mur marocain dressé sur la frontière avec l’Espagne. En France, les milliers Ivoiriens , arrivés clandestinement ou avec des papiers d’emprunt acquis dans leurs pays africains d’accueil, ne peuvent prétendre au statut de réfugiés


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 PHILIPPE DUVAL
Journaliste indépendant, membre de la rédaction d’un grand quotidien “Le Parisien” pendant vingt ans (culture, politique étrangère). Auteur de nombreux reportages en Afrique de l’Ouest. Et de plusieurs livres dont “Fantômes d’Ivoire” et “Chroniques de Guerre”

http://www.mondafrique.com/images/member_photos/uploads/

 

LA RÉDACTION DE "MONDAFRIQUE" - Oct, 2015
Réélu à la suite des présidentielles de dimanche dernier, le président ivoirien Alassane Ouattara doit désormais nommer un premier ministre et veiller à la mise en place d'une nouvelle équipe censée donner une ligne directrice à son deuxième mandat. Une attention tout particulière est portée sur le domaine de la lutte contre la corruption présente jusque dans les premiers cercles de la présidence et du gouvernement. Plusieurs personnalités proches du pouvoir sont soupçonnées de détournement de fonds publics. Des efforts sont également attendus concernant la justification du patrimoine de plusieurs poids lourds du pouvoir comme Marcel Amon Tanoh, chef de cabinet du président et Hamed Bakayoko, ministre de l'intérieur, tous deux propriétaires de biens immeubles dans la zone 4 chic d'Abidjan.

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LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

 

MONDAFRIQUE
CÔTE D’IVOIRE : LES DESSOUS D’UNE MASCARADE ÉLECTORALE


LA RÉDACTION DE "MONDAFRIQUE" -  Oct, 2015


Derrière les chiffres de la Commission indépendante donnant le président sortant Alassane Ouattara vainqueur avec 83,66% des voix lors du scrutin du dimanche 25 octobre, se cachent les preuves d’une vraie tromperie électorale

 
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Certes, l’exercice est périlleux. Impossible d’analyser les chiffres de la récente présidentielle ivoirienne comme si leur sincérité était totale, comme si la « technologie électorale », mot charmant pour désigner diverses opérations frauduleuses, n’existait pas.

Il faut admettre qu’Alassane Ouattara a gagné avec 83,66% des suffrages exprimés, et un taux de participation de 52%... « toutes taxes comprises » (TTC), selon le bon mot d’un « twittos » ivoirien. En réalité, tous artifices mis à part, ce taux baisse de 10% à 20% environ. Malgré tout, dès lors qu’on les lit en ayant à l’esprit le « contexte », les résultats officiels publiés par la Commission électorale peuvent servir de grille d’analyse intéressante.

Une majorité électoralement invisible

On peut le dire : les deux principaux candidats de ce scrutin étaient Alassane Ouattara et l’abstention. Le second a très clairement battu le premier. En effet, le refus d’aller aux urnes s’est manifesté deux fois.

Premièrement, quand il a été question, pour les primo-électeurs, d’aller s’inscrire sur les listes électorales : on attendait 2 à 3 millions de personnes, environ 300 000 sont venues se faire enregistrer.

Deuxièmement, quand il s’est agi de se déplacer vers les bureaux de vote.

Du coup, même si l’on prend en compte le taux de participation « TTC » fourni par la Commission électorale, et qu’on le rapporte à la population ivoirienne en âge de voter selon le recensement de 2014 (9 005 242), on se rend compte qu’environ le tiers de l’électorat potentiel s’est officiellement déplacé. En 2010, alors que la population ivoirienne globale était de 19 millions environ, plus de 4,6 millions de personnes avaient voté au premier tour (24%). En 2015, alors que la population est de 23 millions environ, 3,1 millions de personnes ont voté au premier tour (13%). En 2000, l’année où Laurent Gbagbo avait été élu dans un contexte de boycott du RDR de Ouattara et du PDCI de Bédié, environ 2 millions de personnes s’étaient déplacées sur une population de 15 millions d’individus (13,33%). A l’époque, la « communauté internationale » avait glosé sur la légitimité partielle du président élu. Aujourd’hui, elle applaudit à s’en écorcher les paumes.

Et pourtant. L’exclusion (ou l’auto-exclusion) politique d’une grande partie du corps national, est la principale leçon de ce scrutin. Et l’erreur serait de considérer que la majorité politique « fantôme », électoralement invisible, n’existe pas. En réalité, de manière générale, la carte de l’abstention épouse les fractures d’un pays profondément divisé. Le district d’Abidjan (où la technologie électorale est moins aisée que dans les contrées reculées) est à cet égard très instructif. C’est à Cocody, quartier résidentiel (classes moyennes et supérieures éduquées) que Gbagbo avait eu son meilleur score en 2010. C’est dans cette commune, où vit Alassane Ouattara, que l’abstention est la plus massive (64,5%). Yopougon était le deuxième fief de Gbagbo en termes de proportion et le premier en termes de population en 2010. L’abstention y est de 63% en 2015. A contrario, le taux de participation atteint 50% à Treichville, là où Gbagbo était le plus faible en 2010.

Deux Côte d’Ivoire, de tailles plus ou moins égales, continuent de cohabiter. Aujourd’hui, l’une se reconnaît dans le jeu des institutions, l’autre pas. La « communauté internationale » et les observateurs peuvent continuer de faire semblant de ne pas le voir, d’autant plus que la Côte d’Ivoire en colère est pour le moment militairement impuissante, et écrasée par la peur et la répression. Mais est-ce bien raisonnable ?

La Corée (Côte d’Ivoire) du Nord

Comme en 2010, les « scores soviétiques » d’Alassane Ouattara dans le nord du pays font jaser. En effet, le monopole politique radical qu’exerce le parti ouattariste dans cette zone du pays contrôlée pendant dix ans par la rébellion dirigée par Guillaume Soro n’est pas sans poser la question de la sécession mentale qui continue après la fin de la sécession territoriale. D’autant plus que si le plébiscite pro-Ouattara dans cette région est très concevable, des détails continuent d’indiquer que l’absence totale de contradiction permet aux actuels gouverneurs d’y rajouter « de l’eau à la mer ». Le taux de participation dans le département de Kani (96,65%), dans un contexte où les morts n’ont pas été extirpés de la liste électorale, apparaît ainsi trop grossier pour être vrai. Des procès-verbaux de la Commission électorale commencent à fuiter et où l’on découvre des bureaux de vote où le nombre de votants a dépassé le nombre d’inscrits. Des bureaux de vote localisés dans le Nord du pays, qui semble être le réservoir inépuisable de tous les « ajustements » politiques du camp Ouattara. Ce n’est une bonne nouvelle ni pour la cohésion nationale ni pour la réconciliation. Il est fort probable qu’en 2015 comme en 2010, la Commission électorale ne publie jamais les résultats du scrutin bureau de vote par bureau de vote. Ils ne sont tout simplement pas publiables…

La France, les Etats-Unis et le pouvoir Ouattara misaient sur le retour dans le jeu politique d’un FPI « Canada Dry » accommodant et oublieux de ses griefs du passé à travers Pascal Affi N’Guessan. Mais la greffe n’a manifestement pas pris. Le candidat du FPI officiel a obtenu 290 780 voix, soit moins de 17% des voix de Laurent Gbagbo, son mentor, au premier tour de la présidentielle de 2010. Il apparaît néanmoins en chef de l’opposition édenté avec ses 9,29% de suffrages. Et il a intérêt à ce que le boycott de ses anciens camarades se poursuive lors des législatives qui viennent, afin de ne pas perdre ce statut qui arrange tout aussi bien le numéro un ivoirien.

L’alliance des "houphouétistes"

L’appel de Daoukro de Henri Konan Bédié n’a pas suscité un enthousiasme débordant auprès de sa base politique en milieu rural, notamment dans ce qu’il est convenu d’appeler le « V » baoulé. Les taux de participation y sont moyens (autour de 60% officiels), bien loin de l’enthousiasme observé dans le Nord du pays. Même dans le fameux département de Daoukro, la participation s’élève péniblement à 58%. Ce soutien mesuré indique bien que si le PDCI et le RDR fusionnent en un parti unique, il n’est pas certain que tout le monde entre dans la barque.

 

RFI

Côte d’Ivoire, le référendum de la revanche
Norbert Navarro
Octobre 2015

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 Dimanche, ce sera le premier tour, et, sans attendre la veille du second - à se demander, donc, si second tour il y aura -, le président-candidat annonce en effet sur nos antennes que, dès l’an prochain, il va consulter ses concitoyens pour modifier la constitution sur la question oh combien sensible de son article 35.

 
Tout de suite ce constat : cette annonce est manifestement trop fraiche ce matin pour que la presse ivoirienne disponible ait eu le temps d’en prendre connaissance avant bouclage hier soir. Mais ça n’est pas le cas dans au moins deux pays voisins de la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Burkina Faso.
 
Etant rappelé qu’en son article 35, l’actuelle constitution ivoirienne contient une disposition relative à ce que l’on a appelé « l’ivoirité » des candidats à la présidentielle, cette annonce sur RFI inspire donc le journal en ligne Guinée Conakry Info.
 
Lequel trouve d’abord le « candidat » Ouattara « à l’étroit dans l’actuelle constitution. Il supporte de plus en plus mal ce corset de l’article 35 de cette constitution adoptée en 2000, rappelle lui aussi - et complète - le journal en ligne, avec la grande question des conjonctions de coordination "et", et "ou", qui lui avaient barré la route vers le pouvoir, avec ses exigences sur l’origine ivoirienne des deux parents ».
 
Sans préciser qui lui a ainsi, alors, « barré la route vers le pouvoir », le site internet guinéen estime que cette annonce, pour Alassane Ouattara, est « sa façon de prendre (…) sa revanche sur l’histoire ». Soulignant cet aspect revanchard en évoquant le président ivoirien comme le « tombeur » de son prédécesseur Laurent Gbagbo, Guinée Conakry Info trouve qu’il cherche ainsi à « extirper de la loi fondamentale ivoirienne, tous les articles préjudiciables à l’unité nationale, en commençant par ceux le concernent directement ». Et le journal guinéen d’émettre ce vœu « Pourvu qu'il ne glisse pas comme Paul Kagamé, Denis Sassou Nguesso, Pierre Nkurunziza et Joseph Kabila vers le dégoupillage constitutionnel pour un troisième mandat ! ».
 
La Guinée, donc, mais aussi le Burkina. A Ouagadougou, le quotidien Le Pays admet qu’on puisse se demander pourquoi Alassane Ouattara fait cette annonce « si tard ». A la différence de son confrère guinéen précédemment cité, le journal ouagalais cite, lui, ce qu’il appelle les « géniteurs » de « l’ivoirité », à commencer par l’ancien président Henri Konan Bédié qui a « rallié avec armes et bagages ADO et a, sans doute, la bouche trop pleine pour tenir des propos cohérents avec sa position affichée dans son livre les sentiers de ma vie ». Le Pays admet aussi que si Alassane Ouattara « revient » sur cette question, c’est « la preuve [que] le fantôme de l’ivoirité, - que le quotidien qualifie d’"aberration de l’histoire" et de "dangereuse hydre" qu’il faut absolument "décapiter et enterrer" - continue de hanter la maison ». Le Pays concède aussi qu’au regard de cette question, Alassane Ouattara « peut » paraître à la fois « juge et partie », et prévient que la « seule » réforme constitutionnelle ne « suffira pas ». Et partageant la même crainte que Guinée Conakry Info, le journal ouagalais aussi espère que le président-candidat ivoirien n’agit pas par « opportunisme » afin de « s’ouvrir une voie pour un troisième mandat ».


 
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CÔTE D'IVOIRE  POLITIQUE CÔTE D'IVOIRE  ALASSANE OUATTARA
Présidentielle en Côte d'Ivoire: plus que sept candidats en lice
 RFI 10-2015

media

Le président sortant Alassane Ouattara est l'un des sept candidats qui s'affrontent lors de l'élection présidentielle du 25 octobre 2015.
REUTERS/Luc Gnago
La campagne électorale officielle s'est terminée ce vendredi soir en Côte d'Ivoire. A la veille du premier tour de l'élection présidentielle de dimanche, sept candidats briguent toujours la magistrature suprême, dont le président sortant Alassane Ouattara. Après la grave crise postélectorale de 2010, le pays retient son souffle. Mais le contexte est bien différent et le climat plus apaisé.

Ils étaient dix candidats en course pour l'élection présidentielle ivoirienne au début de la campagne, ils ne sont plus que sept au soir de sa clôture, avec le retrait vendredi après-midi de Charles Konan Banny, tout comme ceux d’Essy Amara puis de Mamadou Coulibaly il y a une dizaine de jours. Restent en lice deux femmes et cinq hommes : Henriette Adjoa Lagou, Jacqueline Claire Kouangoua, Pascal Affi N’Guessan, Siméon Kouadio Konan, Kacou Gnangbo, Bertin Konan Kouadio et Alassane Ouattara.

Tous ont mené campagne à travers le pays en fonction de leurs moyens, importants, très importants ou plus modestes, sans incident majeur. Ce dont se félicitent les observateurs nationaux ou internationaux.

A présent ce sera aux 6 300 142 électeurs du pays, répartis dans les quelque 19 838 bureaux de vote de Côte d’Ivoire, de choisir, d’une empreinte digitale sur un bulletin de vote unique, tel programme ou tel candidat pour le prochain quinquennat.

 

 

Les élections d’octobre en Côte d’Ivoire: Un piège à pognon (Mondafrique)
 http://i0.wp.com/eburnienews.net/wp-content/uploads/2015/07/Ouattara-amasse-une-fortune-de-27-milliards-de-dollars-US-en-4-ans-de-pouvoir.jpg?resize=660%2C330

Ivory Coast's President Alassane Ouattara applauds during a support rally at the Felix Houphouet Boigny stadium in Abidjan on April 25, 2015. Ouattara has received the nomination as candidate of the ruling coalition RHDP (Rally of Houphouetists for Democracy and Peace) for the presidential elections in 2015. AFP PHOTO/ SIA KAMBOU
Les élections d’octobre en Côte d’Ivoire: Un piège à pognon (Mondafrique)


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Des investisseurs se ramassent à la pelle dans le pays du président Ouattara. Sur fond de bakchichs à l’approche des élections présidentielles d’octobre prochain.
Marquée au fer par la crise sanglante de 2010-11 qui fit plus de trois mille morts et provoqua la chute de l’ex président Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire est pourtant, aujourd’hui, de l’avis général, «The Place to be » en Afrique de l’Ouest.
Ilot de stabilité dans une région fragile sur les plans sécuritaire et humanitaire, Abidjan renoue peu à peu avec la splendeur du temps de Felix

 

Houphouët Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire indépendante. Célèbre pour avoir inventé le concept de “Françafrique”, il était parvenu à sacrer son pays première puissance économique d’Afrique francophone.


Investisseurs à la pelle
Après une décennie de crises à répétition pendant lesquelles l’économie ivoirienne a tourné au ralenti, celle-ci a de nouveau le vent en poupe. Evaluée à environ 9%, la croissance du pays n’a rien à envier à celle de la Chine. Selon le FMI, la taille de l’économie ivoirienne a augmenté d’un quart en deux ans seulement. Cette santé de fer a notamment permis à Abidjan de récupérer le siège de la BAD après une dizaine d’années d’exil en Tunisie. Une réussite qui fait la fierté du président Alassane Ouattara réputé pour son sens aiguisé des affaires. « On sent que le pays est tenu financièrement » relève un habitué de l’Afrique tout juste rentré d’Abidjan. «On peut reprocher beaucoup de choses au président Alassane Ouattara, mais sur le plan économique les résultats sont là ».
Du haut des buildings qui surplombent la capitale surnommée « la Manhattan des tropiques », les habitants assistent au développement effreiné de leur ville. Partout, des centres commerciaux sortent de terre, les grands chantiers d’infrastructures reprennent après plusieurs années de stand by. Symbole de cette reprise, le pont Henri-Konan-Bédié bâti par Bouygues et inauguré en décembre 2014 vient couronner cette vitrine soignée.
De quoi faire rêver les investisseurs internationaux qui se pressent sur les bords de la lagune Ebrié. A l’hôtel ivoire, célèbre établissement de luxe de la capitale où hommes politiques et grands businesmen se côtoient, les délégations marocaines, chinoises, espagnoles, turcs, koweïtiens défilent. Preuve que les marchés ivoiriens ne sont plus l’unique chasse gardée des entreprises françaises favorisées pendant des décennies. Maintenant c’est « open bar pour tout le monde », commente un connaisseur du pays. « Les ivoiriens n’ont plus de scrupules à donner au plus offrant. »
En ouvrant les portes de son pays aux entrepreneurs du monde entier, Alassane Ouattara, grand ami de Nicolas Sarkozy auquel il doit en partie d’avoir délogé son prédécesseur Laurent Gbagbo, a fait comprendre à ses amis français qu’ils n’étaient plus les seuls dans la course.


Le Maroc en force
Le long du tout nouveau boulevard Mohamed VI inauguré le 15 avril 2015, des drapeaux marocains flottent au vent. Bien que financé par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ce décorum à la gloire du royaume chérifien illustre l’arrivée massive des capitaux de Rabat en terre ivoirienne. En trois ans, le roi s’est rendu à trois reprises dans ce pays avec lequel pas moins de vingt-six accords de partenariat ont été conclus. Profitant de sa dernière visite mardi 2 juin, le monarque est venu accompagné d’une troupe entière d’investisseurs marocains ayant des vues sur le pays. Nombre d’entre eux s’imposent d’ores et déjà dans plusieurs domaines clés comme celui de la banque. En témoigne la multiplication des succursales de la Société ivoirienne de Banque rachetée par le groupe Attijariwafa Bank, fer de lance de l’influence financière marocaine en Afrique. A la sortie est d’Abidjan, sur la route de l’ex capitale coloniale Grand Bassam, d’immenses terrains en friches accueillant autrefois des villages sont pris d’assaut par les agences immobilières marocaines.
Attirée par l’économie vibrante du pays, Rabat n’est pas la seule à marquer son territoire malgré les plaintes nombreuses d’entrepreneurs cumulant les impayés. Au côté de la Chine et du Japon, les pays du Golfe lorgnent également sur les juteux marchés ivoiriens. Dernier grand contrat signé, un marché de prestation d’assistance au sol à l’aéroport d’Abidjan obtenu par le groupe koweïtien NAS spécialisé dans les services d’escale pour 20 milliards de francs CFA début 2015.


Abidjan sur Seine, Paris sur la lagune
Malgré cette concurrence croissante, la France peut encore compter sur ses fleurons traditionnels bien implantés dans le pays. L’amitié de longue date qui lie Alassane Ouattara à Martin Bouygues auquel il doit sa rencontre avec Nicolas Sarkozy garantit à l’industriel français l’obtention d’importants marchés. Après avoir achevé la construction du troisième pont d’Abidjan pour 140 milliards francs CFA, le groupe se positionne pour la construction du pont d’Azito, en banlieue de la capitale. Coût du chantier, plus de 30 milliards de francs CFA. L’entreprise Colas, filiale de Bouygues, a également obtenu, fin 2014, le contrat de réhabilitation des boulevards reliant le quartier du Plateau à celui de la Riviera.
Quant à Vincent Bolloré, empereur des transports en Afrique de l’Ouest, il reste le maître indéboulonnable du port d’Abidjan, premier port de la sous région. La France conserve par ailleurs d’importants relais d’influence dans le pays. Jean-Marc Simon, ancien ambassadeur de France reste omniprésent dans le pays où il prodigue des conseils à son successeur George Serre. A travers son cabinet de consultant « Eurafrique stratégies », le diplomate proche des milieux chiraquiens facilite les relations entre les entreprises françaises et les autorités ivoiriennes. Autre homme d’influence cher aux groupes français, l’architecte Pierre Fakhoury passe le plus clair de son temps entre Paris et Abidjan. A la tête de la société pétrolière Yam’s Petroleum, ce libano-ivoirien déjà très introduit au palais sous Laurent Gbagbo a poursuivit avec brio ses affaires sous le règne de Ouattara. A Abidjan, il met volontiers son carnet d’adresse à la disposition des patrons français attirés par les lumières du pays.


Sur le plan politique, les relations Paris-Abidjan sont au beau fixe. Malgré ses connivences à droite, Alassane Ouattara a su séduire sur tous les bancs de la politique française. A Paris, la conseillère Afrique de l’Elysée, Hélène Le Gal reçoit à bras ouvert le chef d’Etat ivoirien qui déjeune avec François Hollande à chacune de ses visites. Pour rendre l’ascenseur, Ouattara sait à qui s’adresser. Le 9 mai dernier 2014, l’accueil chaleureux qu’il a réservé au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian dont il connaît le rôle majeur dans la politique africaine française témoigne d’une relation de confiance entre les deux hommes. Preuve de cette entente fructueuse, la France s’est engagée à débourser 350 millions d’euros d’aide pour la mise en place des élections présidentielles prévues pour octobre.
A l’approche de ce scrutin, les barons du sarkozysme se rappellent, eux aussi, aux bons souvenirs de Ouattara. De Nadine Morano à Christian Estrosi en passant par Gérard Longuet, tous pressent ces derniers mois aux portes du palais pour rencontrer celui qui est donné grand favori.

Seul Alain Juppé, adversaire désigné de Nicolas Sarkozy pour 2017 reste, très à la marge.
Fort de ces nombreux appuis à droite comme à gauche le locataire du palais du plateau esquive aisément les critiques contre son régime. A Paris, le clan Ouattara bénéficie par ailleurs pour sa communication en France du précieux soutien de la société Image 7, célèbre agence de conseils en relations publiques gérée par Anne Méaux. La Côte d’Ivoire est pourtant loin d’être une terre de tranquilité. En proie à de fortes tensions sociales, le pays et reste profondément miné par les divisions ethniques entre le nord et le sud. Quatre ans après sa mise en place, la commission Dialogue, Vérité et Réconciliation qui devait faire la lumière sur les responsabilités dans les crises qu’a connu le pays à travers des auditions de victimes, d’auteurs et de témoins n’a pour l’instant donné aucun resultat.
Cerise sur le gâteau, Alassane Ouattara continue de favoriser l’ascension des tribus du nord du pays qui le soutiennent à des postes clés de l’appareil administratif. Une politique qualifiée par lui-même de « rattrapage ethnique » qui lui vaut de nombreuses remontrances dans le pays comme dans les instances internationales. Enfin, les retards dans le versement des soldes aux milliers d’ex rebelles qui ont mené le président au pouvoir et la question de leur réintégration dans l’armée régulière constitue une véritable bombe à retardement.


Petits arrangements entre amis
L’accaparement des richesses nationales est, par ailleurs, une critique redondante adressée au régime. En attribuant des postes stratégiques à ses proches et à ceux de son épouse Dominique Ouattara, femme de réseau souvent comparée à Leïla Trablesi, le chef de l’Etat s’assure le contrôle des ressources du pays. La filière du cacao, secteur qui représente 15% du PIB du pays et 40% des recettes d’exportation. Du pays est presque entièrement gérée par des sociétés proches de la présidence parmi lesquelles Africa sourcing dont le directeur n’est autre que le propre fils de la première dame, Loïc Folloroux. Chez les Ouattara les affaires sont depuis longtemps une histoire de famille. Sur les traces de son grand frère, la fille de Dominique Ouattara, Nathalie Folloroux, gravit discrètement les échelons. Après avoir été vice-présidente de Radio Nostalgie, un média fondé par sa mère dans les années 1990 et dont son frère a pris la direction en 2012, elle travaille désormais pour le magazine de Canal + « Réussite » consacré à l’Afrique.
Longtemps sous les feux des projecteurs du fait de son influence sur le monde de la politique et des affaires, Dominique Ouattara se fait désormais plus discrète. Elle prend cependant soin de réserver des postes de choix à ses fidèles. Ami de Madame, l’ancien ministre à l’intégration africaine Adama Bictogo réalise désormais de nombreuses opérations dans le secteur de la biométrie à travers sa société Snedai. Une réussite dont cet ancien consultant pour Bolloré n’entend pas profiter seul. Ses deux frères Momouni et Salif ont fait une entrée remarquée dans le secteur minier en montant leur propre entreprise « Lagune extraction ». C’est par ailleurs la puissante épouse qui a permis la rencontre entre son mari et l’actuel chef de cabinet de la présidence Marcel Amon Tanoh. De petits arrangements entre amis qui renforcent le sentiment d’un règne sans partage de l’entourage présidentiel sur le pays. Comme le résume un connaisseur de l’Afrique : « Sous Gbagbo, quand c’était la fête, tout le monde avait droit à un peu de champagne. Aujourd’hui si tu n’es pas dans le clan, tu n’as même pas les gouttes ».


Autour des ministres fidèles du couple présidentiel, c’est une vaste nébuleuse d’intermédiaires et de grands patrons qui gravite. Ami intime des Ouattara dont il brigue la succession pour 2020, le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko a carte blanche pour faciliter l’entrée de nouveaux investisseurs sur le marché ivoirien. Fort de ce levier, le « premier flic » de Côte d’Ivoire, ancien journaliste récemment intronisé grand maître de la Grande Loge nationale de Côte d’Ivoire (GLCI) avance ses pions. Avec succès. A Abidjan ses efforts lui ont notamment permis d’introduire Nihat Ozdemir, président de Limak Group of Companies, puissant conglomérat turc opérant dans de multpiles secteurs dont la cimenterie, l’énergie, les infrastructures ou encore l’aviation.


Elections, piège à pognon
Un entre soi confortable que le scrutin d’octobre n’a que peu de chances de renverser. Largement en tête dans les sondages, Alassane Ouattara est donné vainqueur dès le premier tour. « L’opposition est divisée et pas un seul des autres candidats n’est capable d’obtenir plus de 50% des voix » affirme un connaisseur. C’est sans compter sur les risques de fraudes qui pourraient entacher le scrutin. Premier hic, l’heureux gagnant du marché de la préparation des élections estimé à 25 milliards de CFA n’est autre que Sidi Kagnassi, le représentant en Afrique de l’Ouest du group français Safran Morpho (ex Sagem). Fils cadet de Cheikhna Kagnassi, ancien magnat du coton dans la région, cet homme d’affaire qui a conduit l’entreprise familiale, l’Aiglon, à la faillite, traine plusieurs casseroles.
En 2007, il convainc Laurent Gbagbo d’accorder à l’entreprise française Sagem un contrat de gré-à-gré pour concocter la liste électorale de 2010. Montant du marché : 160 milliards de F CFA (150 millions d’euros), soit le scrutin le plus cher jamais organisé en Côte d’Ivoire. Franc-maçon, très introduit dans les sphères politiques de la sous région, Sidi Kagnassi a par ailleurs officié pendant deux ans comme conseiller économique du président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) auquel le lie une entente amicale avec son fils, Karim. Epinglé comme l’un des principaux intermédiaires dans une affaire de surfacturations sur l’achat d’équipement militaire qui a fait trembler le régime d’IBK, il opère un repli en terre ivoirienne en octobre 2014.


Gênantes, ces affaires n’ont cependant jamais entamé sa carrière de lobbyiste en chef pour l’une des plus puissantes sociétés françaises en Afrique de l’ouest. « On se demande comment un grand groupe français peut continuer à louer les services d’un facilitateur aussi plombé, qui plus est dans le collimateur du FMI » s’interroge un homme d’affaire basé à Abidjan.
Le lobbyiste bénéficierait-il de protection en récompense de ses loyaux services ?

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