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Une histoire peu connue : les camps de concentration et de travail d’Israël – 1948/1955

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Une histoire peu connue : les camps de concentration et de travail d’Israël – 1948/1955

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Une grande partie des circonstances sinistres et sombres de la purification ethnique sioniste des Palestiniens à la fin des années 1940 a progressivement été exposée au cours du temps. Un aspect – rarement étudié ou discuté en profondeur – est l’internement de milliers de civils palestiniens dans au moins 22 camps de concentration et de travail, dirigés par les sionistes, qui ont existé de 1948 à 1955. On en sait un peu plus maintenant sur les contours de ce crime historique, grâce à la recherche exhaustive menée par le grand historien palestinien Salman Abu Sitta et du membre du centre palestinien de ressources BADIL, Terry Rempel.

Des civils palestiniens capturés lors de la chute de Lydda et de Ramleh autour du 12 Juillet 1948 et emmenés dans des camps de travail. Dans la chaleur de juillet, assoiffés, sous la garde de soldats, un enfant leur apporte un peu d’eau 

Voici les faits.

L’étude – qui va être publiée dans le prochain numéro de Journal of Palestine Studies – s’appuie sur près de 500 pages de rapports du Comité international de la  (CICR), rédigés pendant la guerre de 1948, qui ont été déclassifiés, mis à la disposition du public en 1996, et découverts par hasard par un des auteurs en 1999.

En outre, les auteurs ont recueilli les témoignages de 22 anciens détenus palestiniens de ces camps civils, à travers des entretiens qu’ils ont eux-mêmes conduits en 2002, ou documentés par d’autres à d’autres moments.

Avec ces sources d’information, les auteurs, comme ils disent, ont reconstitué une histoire plus claire de la façon dont Israël a capturé et emprisonné « des milliers de civils palestiniens comme travailleurs forcés » et les a exploités « pour soutenir son  en temps de guerre. »

Fouiller les crimes

« Je suis tombé sur ce morceau d’histoire dans les années 1990 alors que je collectais du matériel et des documents sur les Palestiniens, » a dit Abu Sitta à Al-Akhbar. « Plus vous creusez, plus vous découvrez que des crimes ont eu lieu qui ne sont pas rapportés et qui ne sont pas connus. »

A l’époque, Abu Sitta alla passer une semaine à Genève pour consulter les archives du CICR qui venaient d’être ouvertes. Selon lui, les archives ont été mises à la disposition du public après des accusations selon lesquelles le CICR aurait pris le parti des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était une occasion qu’il ne pouvait pas manquer, montrer ce que le CICR avait enregistré des événements qui ont eu lieu en Palestine en 1948. C’est là qu’il est tombé sur des dossiers où il était question de cinq camps de concentration dirigés par les Israéliens.

Il a alors décidé de chercher des témoins ou d’anciens détenus et d’interviewer des Palestiniens en Palestine occupée, en Syrie et en Jordanie.

« Ils ont tous décrit la même histoire, et leur véritable expérience dans ces camps, » a-t-il dit.

Une question qui l’a immédiatement frappé fut pourquoi il y avait si peu de références sur ces camps dans l’histoire, en particulier quand il est devenu plus clair, au fur et à mesure de ses recherches, que ces camps avaient bien existé, et qu’il y en avait eu plus de cinq.

« Beaucoup d’anciens détenus palestiniens ont vu le concept d’Israël comme un ennemi vicieux, alors ils ont pensé que leur expérience de travail dans ces camps de concentration n’était rien en comparaison de l’autre plus grande tragédie de la Nakba. La Nakba a tout éclipsé, » a expliqué Abu Sitta.

« Cependant, quand j’ai creusé dans la période 1948-1955, j’ai trouvé davantage de références comme Mohammed Nimr al-Khatib, qui était imam à Haïfa, qui avait transcrit des entretiens avec quelqu’un de la famille al-Yahya qui était dans un des camps. J’ai pu retrouver la trace de cet homme jusqu’en Californie et j’ai pu discuter avec lui en 2002, » a-t-il ajouté.

Abu Sitta a lentement mais sûrement découvert d’autres références, dont des informations venant d’une Juive nommée Janoud, une seule thèse de maîtrise à l’Univesité hébraïque sur le sujet, et les récits personnels de l’économiste Yusif Sayigh, qui ont contribué à étoffer davantage l’ampleur et la nature de ces camps.

Après plus d’une décennie, Abu Sitta et son co-auteur Rempel peuvent enfin présenter leurs constatations au public.

Du fardeau à l’opportunité: les camps de concentration et de travail

La mise en place de camps de concentration et de travail a eu lieu après la déclaration unilatérale de l’Etat d’Israël en mai 1948.

Avant cet événement, le nombre de captifs palestiniens entre les mainssionistes étaient assez faible, car, comme le déclare l’étude, « les dirigeantssionistes ont rapidement conclu que l’ forcée de la population civile était la seule façon de créer un Etat juif en Palestine avec une majorité juive suffisamment importante pour qu’il soit ‘viable’. » En d’autres termes, pour les stratèges sionistes, les prisonniers étaient un fardeau, dans les phases initiales de l’épuration ethnique.

Ces calculs ont changé avec la déclaration de l’Etat d’Israël et l’implication des armées d’Egypte, de Syrie, d’Iraq et de Transjordanie, après que l’essentiel du nettoyage ethnique ait eu lieu. A partir de ce moment, « les forces israéliennes ont commencé à faire des prisonniers, tant des soldats arabes réguliers (pour un éventuel échange), et – de manière sélective – des civils palestiniens non combattants en bonne santé. »

Le premier camp fut celui de Ijlil, à environ 13km au nord-est de Jaffa, sur le site du village palestinien détruit Ijlil al-Qibiliyya, vidé de ses habitants début avril. Ijlil était essentiellement constitué de tentes abritant des centaines et des centaines de prisonniers, classés comme prisonniers de guerre par les Israéliens, encerclées de fils de fer barbelés, de miradors et d’une porte avec des gardiens.

Au fur et à mesure des conquêtes israéliennes, et de l’augmentation consécutive du nombre de prisonniers, trois autres camps ont été créés. Ce sont les quatre camps « officiels » que les Israéliens ont reconnu et que le CICR a activement visités.

L’étude note :

« Les quatre camps étaient soit sur ou adjacents à des installations militaires mises en place par les Britanniques pendant le Mandat. Elles avaient été utilisées pendant la Seconde Guerre Mondiale pour l’internement de prisonniers de guerre , italiens et autres. Deux des camps – Atlit, créé en juillet à environ 20km au sud de Haïfa, et Sarafand al-Amar, au centre de la Palestine – avaient déjà été utilisés dans les années 1930 et 1940 pour la détention d’immigrants juifs illégaux. »

Atlit était le deuxième plus grand camp après Ijlil ; il pouvait contenir jusqu’à 2.900 prisonniers, tandis que Sarafand avait une capacité maximale de 1.800 prisonniers, et Tel Letwinksy, près de Tel Aviv, de plus de 1.000.

Les quatre camps étaient administrés par « d’anciens officiers britanniques qui avaient fait défection dans leurs rangs quand les forces britanniques se sont retirées de Palestine à la mi-mai 1948, » et les gardiens et le personnel administratif des camps étaient d’anciens membres de l’Irgoun et du groupe Stern – deux groupes désignés comme des organisations  par les Britanniques avant leur départ. En tout, les quatre camps « officiels » employaient 973 soldats.

Un cinquième camp, appelé Umm Khalid, était installé sur le site d’un autre village vidé de sa population près de la colonie sioniste de Netanya ; un numéro officiel lui avait même été attribué dans les registres, mais il n’a jamais eu le statut d’ »officiel ». Il pouvait contenir 1.500 prisonniers. Contrairement aux quatre autres camps, Umm Khalid étaient « le premier camp créé exclusivement comme camp de travail » et fut « le premier des camps ‘reconnus’ à être fermé (…) à la fin de 1948. »

En complément de ces cinq camps « reconnus », il y avait au moins 17 autres « camps non reconnus » qui n’étaient pas mentionnés dans les sources officielles, mais que les auteurs ont découvert à travers de multiples témoignages de prisonniers.

« Beaucoup de [ces camps], » notent les auteurs, « [furent] apparemment improvisés ou ad hoc, consistant souvent en un poste de police, une école ou la maison du notable d’un village, » pouvant recevoir de 200 prisonniers à des dizaines.

La plupart des camps, officiels ou non, étaient situés dans les frontières de l’Etat juif proposé par les Nations Unies, « bien qu’au moins quatre [camps non officiels] – Beersheba, Julis, Bayt Daras, et Bayt Nabala – se trouvaient dans l’Etat arabe assigné par les Nations Unies, et un était à l’intérieur du « corpus separatum » de Jérusalem.

Le nombre de détenus palestiniens non combattants « dépassait largement » ceux des soldats arabes des armées régulières ou des prisonniers de guerre réels. Citant un rapport mensuel de juillet 1948 rédigé par le chef de mission du CICR Jacques de Reynier, l’étude indique que de Reynier a noté « que la situation des internés civils était ‘absolument confondue’ avec celle des prisonniers de guerre, et que les autorités juives ‘traitaient tous les Arabes entre 16 et 55 ans comme des combattants et les enfermaient comme des prisonniers de guerre’. » En outre, le CICR a découvert parmi les détenus des camps officiels que 90 des prisonniers étaient des hommes âgés, et que 77 étaient de jeunes garçons âgés de 15 ans ou moins.

L’étude met en évidence les déclarations du délégué du CICR Emile Moeri en janvier 1949 sur les détenus des camps :

« Il est douloureux de voir ces pauvres gens, en particulier les vieux, qui ont été arrachés à leurs villages et mis sans raison dans ces camps, obligés de passer l’hiver sous des tentes humides, loin de leurs familles ; ceux qui ne peuvent survivre à ces conditions meurent. Des enfants (de 10-12 ans) sont également mis dans cette situation. De même des malades, certains souffrant de tuberculose, languissent dans ces camps dans des conditions qui, encore que correctes pour des gens en bonne santé, les mèneront certainement à la mort si nous ne trouvons pas de solution à ce problème. Depuis longtemps nous avons exigé que les autorités juives libèrent ces civils malades qui ont besoin de traitements et qu’on les remettent aux bons soins de leurs familles ou à un hôpital arabe, mais nous n’avons pas reçu de réponse. »

Le rapport notait, « il n’y a pas de chiffres précis sur le nombre total de civils palestiniens détenus par Israël pendant la guerre de 1948-49″ et il semble que les estimations ne tiennent pas compte de camps « non officiels », en plus des mouvements fréquents des prisonniers entre les camps en service. Dans les quatre camps « officiels », le nombre de prisonniers palestiniens n’a jamais dépassé 5.000 selon les chiffres des dossiers israéliens.

Si on se base sur la capacité de Umm Khalid et sur les estimations des « camps non officiels », le nombre total de prisonniers palestiniens pourrait se situer autour de 7.000, et peut-être beaucoup plus, indique l’étude, si on tient compte d’une note écrite dans son journal le 17 novembre 1948 par David Ben-Gourion, l’un des principaux dirigeants sionistes et premier Premier ministre d’Israël, qui mentionnait « l’existence de 9.000 prisonniers de guerre dans les camps gérés par Israël. »

En général, les conditions de vie dans les camps « officiels » étaient bien en deçà de ce qui était considéré comme convenable par le droit international de l’époque. Moeri, qui a constamment visité les camps, a rapporté que à Ijlil en novembre 1948 : « La plupart des tentes sont déchirées », que le camp n’était « pas prêt pour l’hiver, » les latrines non couvertes, et la cantine n’a pas fonctionné pendant deux semaines. Se référant à la situation apparemment en cours, il a déclaré que « les fruits sont toujours défectueux, la viande est de mauvaise qualité, [et] les légumes sont rares. »

En outre, Moeri a rapporté qu’il a lui-même vu, « ‘les blessures laissées par les violences’ de la semaine précédente, quand les gardiens ont tiré sur les prisonniers, blessant l’un d’entre eux et rouant de coups un autre. »

Comme le montre l’étude, le statut civil de la majorité des détenus était clair pour les délégués du CICR dans le pays, qui ont rapporté que les hommes capturés « n’avaient assurément jamais été dans une armée régulière. » Les détenus qui étaient des combattants, explique l’étude, étaient « systématiquement tués par balle au prétexte qu’ils avaient tenté de s’échapper. »

Les forces israéliennes semblaient toujours cibler des hommes valides, laissant derrière les femmes, les enfants et les personnes âgées – quand ils ne les massacraient pas – la politique a continué même après que les niveaux de confrontation militaire ont baissé. Dans l’ensemble, comme le montrent les dossiers israéliens et le cite l’étude, « les civils palestiniens constituaient la grande majorité (82 pour cent) des 5.950 personnes classées comme internés dans les camps de prisonniers de guerre, alors que les Palestiniens seuls (civils plus militaires) constituaient 85 pour cent. »

L’enlèvement à grande échelle et l’emprisonnement de civils palestiniens semblent correspondre aux campagnes militaires israéliennes. Par exemple, l’une des premières rafles importantes a eu lieu lors de l’Opération Danj, quand 60-70.000 Palestiniens ont été expulsés des villes centrales de Lydda et Ramleh. Dans le même temps, entre un cinquième et un quart de la population mâle de ces deux villes, qui était âgé de plus de 15 ans, a été envoyé dans les camps.

La plus grande rafle de civils a eu lieu dans des villages du centre de la Galilée, capturés pendant l’Opération Hiram, à l’automne 1948.

Un survivant palestinien, Moussa, a décrit aux auteurs ce qu’il a vu à l’époque.

« Ils nous ont pris dans tous les villages alentours : al-Bi’na, Deir al-Asad, Nahaf, al-Rama, et Eilabun. Ils ont pris 4 jeunes hommes et les ont abattus (…). Ils nous ont conduit à pied. Il faisait chaud. On n’avait pas le droit de boire. Ils nous ont emmenés à al-Maghar [village druze palestinien], puis à Nahalal [colonie juive], puis à Atlit. »

Un rapport des Nations Unies du 16 novembre 1948 corrobore le témoignage de Moussa ; il indique que 500 Palestiniens « ont été emmenés à marche forcée et en véhicule à un camp de concentration juif à Nahlal. »

Le soutien de l’économie d’Israël par les « travaux forcés »

La politique qui consiste à cibler des civils, en particulier les hommes « valides », ne fut pas un hasard, selon l’étude, qui établit que « avec des dizaines de milliers de juifs, hommes et femmes, appelés au service militaire, les internés civils palestiniens constituaient un complément important à la main d’œuvre civile juive employée en vertu de la législation d’urgence au soutien de l’économie israélienne, » que même les délégués du CICR ont noté dans leurs rapports.

gaza wardens

Les gardiens du camp de concentration de Gaza aujourd’hui.

Les prisonniers étaient obligés de faire des travaux publics et militaires, comme assécher les zones humides, travailler comme employé, collecter et transporter les biens pillés aux réfugiés, déplacer les pierres des maisons palestiniennes démolies, paver des routes, creuser des tranchées militaires, enterrer les morts, et bien plus encore.

Comme le décrit un ancien détenu palestinien nommé Habib Mohammed Ali Jarada dans l’étude, « A la pointe du fusil, ils nous obligeaient à travailler toute la journée. La nuit, nous dormions sous des tentes. En hiver, l’eau s’infiltrait sous nos couchages, fait de feuilles sèches, de cartons et de morceaux de bois. »

Un autre prisonnier à Umm Khaled, Marwan Iqab al-Yehiya, a déclaré dans un entretien avec les auteurs, « Nous devions casser et transporter des pierres toute la journée [dans une carrière]. Nous avions pour toute nourriture quotidienne une pomme de terre le matin et la moitié d’un poisson séché le soir. Ils rouaient de coups quiconque désobéissait aux ordres. » Ce travail était entrecoupé d’actes d’humiliation par les gardiens israéliens ; Yehiya parle de prisonniers « alignés et obligés de se déshabiller, comme punition pour l’évasion de deux prisonniers pendant la nuit. »

« Les adultes et les enfants [juifs] du kibboutz voisin venaient nous regarder, alignés et nus, et riaient. Pour nous, c’était terriblement dégradant, » a-t-il ajouté.

Les exactions des gardes israéliens étaient systématiques et répandues dans les camps, la cible principale étant les villageois, les fermiers et les Palestiniens de classe inférieure. C’était ainsi, dit l’étude, parce que les prisonniers ayant de l’instruction « connaissaient leurs droits et avaient suffisamment d’assurance pour discuter avec leurs ravisseurs et leur résister. »

Ce qu’il est également intéressant de noter grâce à l’étude est comment les affiliations idéologiques entre les prisonniers et leurs gardiens avait d’autres effets en terme de  entre eux.

Elle rapporte le témoignage de Kamal Ghattas, qui avait été capturé pendant l’attaque israélienne en Galiliée :

« Nous avons eu une bagarre avec nos geôliers. 400 d’entre nous ont tenu tête à 100 soldats. Ils ont emmené des renforts. 3 de mes amis et moi ont été mis en cellule. Ils menaçaient de nous abattre. Toute la nuit, nous avons chanté l’hymne communiste. Ils nous ont transféré tous les quatre au camp Umm Khaled. Les Israéliens craignaient pour leur image en Europe. Notre contact avec notre Comité central et le Mapam [parti socialiste israélien] nous a sauvés… J’ai rencontré un officier russe et je lui ai dit qu’ils nous avaient enlevés chez nous, bien que nous soyons des non-combattants, ce qui était une infraction aux Conventions de Genève. Quand il a su que j’étais communiste, il m’a pris dans ses bras et m’a dit, ‘Camarade, j’ai deux frères dans l’Armée rouge. Longue vie à Staline, Longue vie à la Mère ’. »

Les Palestiniens moins chanceux étaient eux soumis à des actes de , dont des exécutions arbitraires et la torture, sans recours. Les exécutions étaient toujours perpétrées au prétexte de « tentatives d’évasion » réelles ou alléguées par les gardiens.

Les exécutions étaient devenues si communes qu’un ancien détenu palestinien de Tel Litwinsky, Tewfik Ahmed Juma Ghanim a raconté : « Celui qui refusait de travailler était abattu. Ils ont dit qu’il avait essayé de s’échapper. Ceux d’entre nous qui pensaient que nous allions être tués ont reculé devant les gardiens. »

Finalement, à la fin de 1949, les prisonniers palestiniens ont été progressivement libérés après de fortes pressions du CICR et d’autres organisations, mais les libérations furent limitées en ampleur et concentrées sur des cas spécifiques. Les prisonniers des armées arabes ont été libérés lors d’échanges de prisonniers, mais les prisonniers palestiniens furent expulsés de façon unilatérale de l’autre côté de la ligne d’armistice sans nourriture, ni provision ni abri, et on leur a dit de marcher, et de ne jamais revenir.

Ce ne sera qu’en 1955 que la plupart des civils palestiniens emprisonnés seront enfin libérés.

 

 

Carte des camps de travail forcé (Source: Salman Abu Sitta, Palestine Land Society)

Carte des camps de travail forcé (Source: Salman Abu Sitta, Palestine Land Society)

 

 

Un crime persistant

L’importance de cette étude est à multiples facettes. Non seulement elle révèle les nombreuses violations du droit et des conventions internationales de l’époque, comme le Règlement de La Haye de 1907 et les Conventions de Genève de 1929, mais elle montre également comment les événements ont façonné le CICR à long terme.

Parce que le CICR était confronté à un acteur israélien belliqueux qui ne voulait ni écouter ni se conformer au droit international et aux conventions, le CICR lui-même a dû s’adapter à ce qu’il considérait être les moyens pratiques permettant de garantir que le minimum des droits des prisonniers civils palestiniens était respecté.

Dans le rapport final, l’étude cite de Reynier :

« [Le CICR] a protesté à de nombreuses reprises en affirmant le droit de ces civils à jouir de leur liberté, à moins qu’ils ne soient coupables et jugés par un tribunal. Mais nous avons tacitement accepté leur statut de prisonnier de guerre car de cette façon, ils bénéficient des droits que la Convention leur confère. Sinon, s’ils n’étaient pas dans les camps, ils seraient expulsés [vers un pays arabe] où, d’une manière ou d’une autre, ils mèneraient, sans ressources, la vie misérable des réfugiés. »

En fin de compte, le CICR et d’autres organisations furent tout simplement inefficaces tandis qu’Israël ignorait les condamnations en toute impunité, en plus de la couverture diplomatique des grandes .

Plus important encore, l’étude met en lumière l’ampleur des crimes israéliens lors de sa naissance brutale et sanglante. Et « il reste encore beaucoup à dire », comme le déclare la dernière ligne de l’étude.

« C’est étonnant pour moi et pour beaucoup d’Européens qui ont vu mes preuves, » a dit Abu Sitta, « qu’un camp de travail forcé ait été ouvert en Palestine trois ans après qu’ils ont été fermés en , et qu’ils aient été gérés par d’anciens prisonniers – il y avait des gardes juifs allemands. »

« Quelle mauvaise image de l’esprit humain, où l’opprimé copie un oppresseur contre des vies innocentes, » a-t-il ajouté.

L’étude montre essentiellement les fondements et les débuts de la politique israélienne envers les civils palestiniens, qui se présente sous la forme d’enlèvements, arrestations et détentions. Cette criminalité continue à ce jour. Il suffit de lire les rapports de centaines de Palestiniens arrêtés avant, pendant et après la dernière guerre d’Israël sur Gaza cet été.

« Gaza aujourd’hui est un camp de concentration, pas différent de ceux du passé, » a conclu Abu Sitta à Al-Akhbar.

Par Yazan al-Saadi | 29 septembre 2014

Yazan al-Saadi est journaliste au Al-Akhbar

Traduction : MR pour ISM

Source: http://www.ism-france.org/analyses/Une-histoire-peu-connue-les-camps-de-concentration-et-de-travail-d-Israel-en-1948-1955-2-2-article-19209?ml=true

http://arretsurinfo.ch/une-histoire-peu-connue-les-camps-de-concentration-et-de-travail-disrael-19481955/

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A PROPOS DE L'AUTEUR

Silvia Cattori

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Silvia Cattori, journaliste indépendante, de nationalité suisse et de langue maternelle italienne, s’est toujours rangée du côté de ceux qui souffrent. On peut lire ses articles en plusieurs langues sur de nombreux médias. Au cours de sa trajectoire, Silvia Cattori a eu l’occasion de côtoyer des personnalités politiques et des diplomates de premier plan, en Asie comme en Afrique.

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Histoire : Peu connus, les camps de concentration et de travail d’Israël (1948-1955)

Un pan de l’histoire de la Palestine que très peu connaissent mais qui mérite réflexion. C’ est d’autant plus incroyable que les juifs venaient de subir l’horreur de la Shoah.  Ce sont des faits historiques, ils vous sont livrés tels quels. Il permettent de comprendre que l’oppression de la Palestine a des origines beaucoup plus anciennes que ce que l’on croit généralement et que le régime sioniste actuel est dans la droite ligne d’une politique mise en place depuis la création de l’État israélien.  Le sujet est délicat dans un pays où toute critique d’Israël est assimilé à de l’anti-sémitisme, amalgame  absurde et révoltant. L’histoire de cet État comme tout autre pouvoir dans l’histoire a ses cotés sombres et l’idée que la connaissance du passé permet de mieux comprendre le présent a seule guidé mon choix. Comment pourrait-il y avoir une paix entre deux frères ennemis dont le plus fort et le plus soutenu par la communauté internationale n’a jamais cessé de dominer le plus faible ? Imaginez la capacité de résilience nécessaire à une pacification que nous souhaitons tous : Imaginez ce qui est inscrit dans les mémoires palestiniennes depuis des générations… La barbarie n’est pas seulement du côté que l’on croit, et il faut le dire.

Galadriel

Une histoire peu connue : les camps de concentration et de travail d’Israël en 1948-1955 (1/2)

Par Yazan al-Saadi

Yazan al-Saadi est journaliste au Al-Akhbar en anglais. Son compte twitter : @WhySadeye

Une grande partie des circonstances sinistres et sombres de la purification ethnique sioniste des Palestiniens à la fin des années 1940 a progressivement été exposée au cours du temps. Un aspect – rarement étudié ou discuté en profondeur – est l’internement de milliers de civils palestiniens dans au moins 22 camps de concentration et de travail, dirigés par les sionistes, qui ont existé de 1948 à 1955. On en sait un peu plus maintenant sur les contours de ce crime historique, grâce à la recherche exhaustive menée par le grand historien palestinien Salman Abu Sitta et du membre du centre palestinien de ressources BADIL, Terry Rempel.

Voici les faits.

L’étude – qui va être publiée dans le prochain numéro de Journal of Palestine Studies – s’appuie sur près de 500 pages de rapports du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), rédigés pendant la guerre de 1948, qui ont été déclassifiés, mis à la disposition du public en 1996, et découverts par hasard par un des auteurs en 1999.

En outre, les auteurs ont recueilli les témoignages de 22 anciens détenus palestiniens de ces camps civils, à travers des entretiens qu’ils ont eux-mêmes conduits en 2002, ou documentés par d’autres à d’autres moments.

Avec ces sources d’information, les auteurs, comme ils disent, ont reconstitué une histoire plus claire de la façon dontIsraël a capturé et emprisonné « des milliers de civils palestiniens comme travailleurs forcés » et les a exploités « pour soutenir son économie en temps de guerre. »

Fouiller les crimes

« Je suis tombé sur ce morceau d’histoire dans les années 1990 alors que je collectais du matériel et des documents sur les Palestiniens, » a dit Abu Sitta à Al-Akhbar. « Plus vous creusez, plus vous découvrez que des crimes ont eu lieu qui ne sont pas rapportés et qui ne sont pas connus. »

A l’époque, Abu Sitta alla passer une semaine à Genève pour consulter les archives du CICR qui venaient d’être ouvertes. Selon lui, les archives ont été mises à la disposition du public après des accusations selon lesquelles le CICR aurait pris le parti des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était une occasion qu’il ne pouvait pas manquer, montrer ce que le CICR avait enregistré des événements qui ont eu lieu en Palestine en 1948. C’est là qu’il est tombé sur des dossiers où il était question de cinq camps de concentration dirigés par les Israéliens.

Il a alors décidé de chercher des témoins ou d’anciens détenus et d’interviewer des Palestiniens en Palestine occupée, en Syrie et en Jordanie.

« Ils ont tous décrit la même histoire, et leur véritable expérience dans ces camps, » a-t-il dit.

Une question qui l’a immédiatement frappé fut pourquoi il y avait si peu de références sur ces camps dans l’histoire, en particulier quand il est devenu plus clair, au fur et à mesure de ses recherches, que ces camps avaient bien existé, et qu’il y en avait eu plus de cinq.

« Beaucoup d’anciens détenus palestiniens ont vu le concept d’Israël comme un ennemi vicieux, alors ils ont pensé que leur expérience de travail dans ces camps de concentration n’était rien en comparaison de l’autre plus grande tragédie de la Nakba. La Nakba a tout éclipsé, » a expliqué Abu Sitta.

« Cependant, quand j’ai creusé dans la période 1948-1955, j’ai trouvé davantage de références comme Mohammed Nimr al-Khatib, qui était imam à Haïfa, qui avait transcrit des entretiens avec quelqu’un de la famille al-Yahya qui était dans un des camps. J’ai pu retrouver la trace de cet homme jusqu’en Californie et j’ai pu discuter avec lui en 2002, » a-t-il ajouté.

Abu Sitta a lentement mais sûrement découvert d’autres références, dont des informations venant d’une Juive nommée Janoud, une seule thèse de maîtrise à l’Univesité hébraïque sur le sujet, et les récits personnels de l’économiste Yusif Sayigh, qui ont contribué à étoffer davantage l’ampleur et la nature de ces camps.

Après plus d’une décennie, Abu Sitta et son co-auteur Rempel peuvent enfin présenter leurs constatations au public.

Du fardeau à l’opportunité: les camps de concentration et de travail

La mise en place de camps de concentration et de travail a eu lieu après la déclaration unilatérale de l’Etat d’Israël en mai 1948.

Avant cet événement, le nombre de captifs palestiniens entre les mains sionistes étaient assez faible, car, comme le déclare l’étude, « les dirigeants sionistes ont rapidement conclu que l’expulsion forcée de la population civile était la seule façon de créer un Etat juif en Palestine avec une majorité juive suffisamment importante pour qu’il soit ‘viable’. » En d’autres termes, pour les stratèges sionistes, les prisonniers étaient un fardeau, dans les phases initiales de l’épuration ethnique.

Ces calculs ont changé avec la déclaration de l’Etat d’Israël et l’implication des armées d’Egypte, de Syrie, d’Iraq et de Transjordanie, après que l’essentiel du nettoyage ethnique ait eu lieu. A partir de ce moment, « les forces israéliennes ont commencé à faire des prisonniers, tant des soldats arabes réguliers (pour un éventuel échange), et – de manière sélective – des civils palestiniens non combattants en bonne santé. »

Le premier camp fut celui de Ijlil, à environ 13km au nord-est de Jaffa, sur le site du village palestinien détruit Ijlil al-Qibiliyya, vidé de ses habitants début avril. Ijlil était essentiellement constitué de tentes abritant des centaines et des centaines de prisonniers, classés comme prisonniers de guerre par les Israéliens, encerclées de fils de fer barbelés, de miradors et d’une porte avec des gardiens.

Au fur et à mesure des conquêtes israéliennes, et de l’augmentation consécutive du nombre de prisonniers, trois autres camps ont été créés. Ce sont les quatre camps « officiels » que les Israéliens ont reconnu et que le CICR a activement visités.

L’étude note :

« Les quatre camps étaient soit sur ou adjacents à des installations militaires mises en place par les Britanniques pendant le Mandat. Elles avaient été utilisées pendant la Seconde Guerre Mondiale pour l’internement de prisonniers de guerre allemands, italiens et autres. Deux des camps – Atlit, créé en juillet à environ 20km au sud de Haïfa, et Sarafand al-Amar, au centre de la Palestine – avaient déjà été utilisés dans les années 1930 et 1940 pour la détention d’immigrants juifs illégaux. »

Atlit était le deuxième plus grand camp après Ijlil ; il pouvait contenir jusqu’à 2.900 prisonniers, tandis que Sarafand avait une capacité maximale de 1.800 prisonniers, et Tel Letwinksy, près de Tel Aviv, de plus de 1.000.

Les quatre camps étaient administrés par « d’anciens officiers britanniques qui avaient fait défection dans leurs rangs quand les forces britanniques se sont retirées de Palestine à la mi-mai 1948, » et les gardiens et le personnel administratif des camps étaient d’anciens membres de l’Irgoun et du groupe Stern – deux groupes désignés comme des organisations terroristes par les Britanniques avant leur départ. En tout, les quatre camps « officiels » employaient 973 soldats.

Un cinquième camp, appelé Umm Khalid, était installé sur le site d’un autre village vidé de sa population près de la coloniesioniste de Netanya ; un numéro officiel lui avait même été attribué dans les registres, mais il n’a jamais eu le statut d' »officiel ». Il pouvait contenir 1.500 prisonniers. Contrairement aux quatre autres camps, Umm Khalid étaient « le premier camp créé exclusivement comme camp de travail » et fut « le premier des camps ‘reconnus’ à être fermé (…) à la fin de 1948. »

En complément de ces cinq camps « reconnus », il y avait au moins 17 autres « camps non reconnus » qui n’étaient pas mentionnés dans les sources officielles, mais que les auteurs ont découvert à travers de multiples témoignages de prisonniers.

« Beaucoup de [ces camps], » notent les auteurs, « [furent] apparemment improvisés ou ad hoc, consistant souvent en un poste de police, une école ou la maison du notable d’un village, » pouvant recevoir de 200 prisonniers à des dizaines.

La plupart des camps, officiels ou non, étaient situés dans les frontières de l’Etat juif proposé par les Nations Unies, « bien qu’au moins quatre [camps non officiels] – Beersheba, Julis, Bayt Daras, et Bayt Nabala – se trouvaient dans l’Etat arabe assigné par les Nations Unies, et un était à l’intérieur du « corpus separatum » de Jérusalem.

Le nombre de détenus palestiniens non combattants « dépassait largement » ceux des soldats arabes des armées régulières ou des prisonniers de guerre réels. Citant un rapport mensuel de juillet 1948 rédigé par le chef de mission du CICR Jacques de Reynier, l’étude indique que de Reynier a noté « que la situation des internés civils était ‘absolument confondue’ avec celle des prisonniers de guerre, et que les autorités juives ‘traitaient tous les Arabes entre 16 et 55 ans comme des combattants et les enfermaient comme des prisonniers de guerre’. » En outre, le CICR a découvert parmi les détenus des camps officiels que 90 des prisonniers étaient des hommes âgés, et que 77 étaient de jeunes garçons âgés de 15 ans ou moins.

L’étude met en évidence les déclarations du délégué du CICR Emile Moeri en janvier 1949 sur les détenus des camps :

« Il est douloureux de voir ces pauvres gens, en particulier les vieux, qui ont été arrachés à leurs villages et mis sans raison dans ces camps, obligés de passer l’hiver sous des tentes humides, loin de leurs familles ; ceux qui ne peuvent survivre à ces conditions meurent. Des enfants (de 10-12 ans) sont également mis dans cette situation. De même des malades, certains souffrant de tuberculose, languissent dans ces camps dans des conditions qui, encore que correctes pour des gens en bonne santé, les mèneront certainement à la mort si nous ne trouvons pas de solution à ce problème. Depuis longtemps nous avons exigé que les autorités juives libèrent ces civils malades qui ont besoin de traitements et qu’on les remettent aux bons soins de leurs familles ou à un hôpital arabe, mais nous n’avons pas reçu de réponse. »

Le rapport notait, « il n’y a pas de chiffres précis sur le nombre total de civils palestiniens détenus par Israël pendant la guerre de 1948-49″ et il semble que les estimations ne tiennent pas compte de camps « non officiels », en plus des mouvements fréquents des prisonniers entre les camps en service. Dans les quatre camps « officiels », le nombre de prisonniers palestiniens n’a jamais dépassé 5.000 selon les chiffres des dossiers israéliens.

Si on se base sur la capacité de Umm Khalid et sur les estimations des « camps non officiels », le nombre total de prisonniers palestiniens pourrait se situer autour de 7.000, et peut-être beaucoup plus, indique l’étude, si on tient compte d’une note écrite dans son journal le 17 novembre 1948 par David Ben-Gourion, l’un des principaux dirigeants sionistes et premier Premier ministre d’Israël, qui mentionnait « l’existence de 9.000 prisonniers de guerre dans les camps gérés parIsraël. »

En général, les conditions de vie dans les camps « officiels » étaient bien en deçà de ce qui était considéré comme convenable par le droit international de l’époque. Moeri, qui a constamment visité les camps, a rapporté que à Ijlil en novembre 1948 : « La plupart des tentes sont déchirées », que le camp n’était « pas prêt pour l’hiver, » les latrines non couvertes, et la cantine n’a pas fonctionné pendant deux semaines. Se référant à la situation apparemment en cours, il a déclaré que « les fruits sont toujours défectueux, la viande est de mauvaise qualité, [et] les légumes sont rares. »

En outre, Moeri a rapporté qu’il a lui-même vu, « ‘les blessures laissées par les violences’ de la semaine précédente, quand les gardiens ont tiré sur les prisonniers, blessant l’un d’entre eux et rouant de coups un autre. »

Comme le montre l’étude, le statut civil de la majorité des détenus était clair pour les délégués du CICR dans le pays, qui ont rapporté que les hommes capturés « n’avaient assurément jamais été dans une armée régulière. » Les détenus qui étaient des combattants, explique l’étude, étaient « systématiquement tués par balle au prétexte qu’ils avaient tenté de s’échapper. »

Les forces israéliennes semblaient toujours cibler des hommes valides, laissant derrière les femmes, les enfants et les personnes âgées – quand ils ne les massacraient pas – la politique a continué même après que les niveaux de confrontation militaire ont baissé. Dans l’ensemble, comme le montrent les dossiers israéliens et le cite l’étude, « les civils palestiniens constituaient la grande majorité (82 pour cent) des 5.950 personnes classées comme internés dans les camps de prisonniers de guerre, alors que les Palestiniens seuls (civils plus militaires) constituaient 85 pour cent. »

L’enlèvement à grande échelle et l’emprisonnement de civils palestiniens semblent correspondre aux campagnes militaires israéliennes. Par exemple, l’une des premières rafles importantes a eu lieu lors de l’Opération Danj, quand 60-70.000 Palestiniens ont été expulsés des villes centrales de Lydda et Ramleh. Dans le même temps, entre un cinquième et un quart de la population mâle de ces deux villes, qui était âgé de plus de 15 ans, a été envoyé dans les camps.

La plus grande rafle de civils a eu lieu dans des villages du centre de la Galilée, capturés pendant l’Opération Hiram, à l’automne 1948.

Un survivant palestinien, Moussa, a décrit aux auteurs ce qu’il a vu à l’époque.

« Ils nous ont pris dans tous les villages alentours : al-Bi’na, Deir al-Asad, Nahaf, al-Rama, et Eilabun. Ils ont pris 4 jeunes hommes et les ont abattus (…). Ils nous ont conduit à pied. Il faisait chaud. On n’avait pas le droit de boire. Ils nous ont emmenés à al-Maghar [village druze palestinien], puis à Nahalal [colonie juive], puis à Atlit. »

Un rapport des Nations Unies du 16 novembre 1948 corrobore le témoignage de Moussa ; il indique que 500 Palestiniens « ont été emmenés à marche forcée et en véhicule à un camp de concentration juif à Nahlal. »

(…)

Lire ici la 2ème partie de l’article.

Source : Al Akhbar

Traduction : MR pour ISM

Source de l’article : http://www.informaction.info/iframe-une-histoire-peu-connue-les-camps-de-concentration-et-de-travail-disrael-en-1948-1955

 

 

Rafle Vel’d’Hiv,

Rafles d'enfants Yéménitespar Israël

 

 

POLÉMIQUE Enfants disparus: Israël lève le voile sur son terrible secret

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  • LE 18/07/2017 À 14:54
  • MIS À JOUR À 14:26
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Sous la pression de familles de disparus, dont certains sont, depuis, élus à la Knesset, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fait déclassifier 200 000 documents. Photo archives AFP

Photo HDSous la pression de familles de disparus, dont certains sont, depuis, élus à la Knesset, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fait déclassifier 200 000 documents. Photo archives AFP

 

Au tout début des années 1950, juste après la création de l’État hébreu, des milliers d’enfants yéménites ont été enlevés à leurs familles, révèle Le Temps.

Certains d'entre eux ont même servi de cobayes humains dans le cadre d'expérimentations médicales.

Plus de 60 ans de secret

Restée presque enfouie pendant plus de 60 ans, la question des "enfants disparus" enflamme ces derniers temps les débats de la commission d'enquête de la Knesset, le Parlement israélien. Et les révélations qui en sortent sont plus terrifiantes, encore, que ce qui était évoqué jusqu'ici.

Selon les archives, des milliers d’enfants yéménites ont bien été enlevés. Mais il y a bien pire: certains disparus ont succombé lors d'expériences médicales pour lesquelles ils ont servi de cobayes humains.

Un "matériel si abondant"

C'est d'une séance spéciale de la Commission ad hoc de la Knesset, le 14 juin dernier, que sont sorties des lettres échangées entre les directeurs de différents hôpitaux du pays, dans lesquelles ils se félicitaient - secrètement - de "disposer d’un matériel si abondant à Rosh Hayin" - le petit village où étaient alors parqués de nombreux Yéménites.

Un député, Amir Ohana, n'en revient pas: "Je n'imaginais pas que des choses pareilles aient pu se produire dans ce pays", lâche-t-il au Temps. Il a retrouvé le témoignage d'une infirmière qui raconte des expériences sur la "résistance" du "cœur des Yéménites".

Quatre enfants morts, enterrés à la va-vite

Au milieu de rapports sur des expériences destinées à prouver ou non que les Yéménites avaient "du sang nègre", la trace d'au moins quatre enfants sur lesquels un "traitement expérimental actif" a été testé. Morts peu après, ils ont été enterrés à la va-vite, on ne sait où.

À la création d'Israël, en 1948, des centaines de milliers de Juifs du Proche-Orient affluent en "Terre Promise"... mais sont souvent méprisés par les ashkénazes, ces Juifs d'Europe "originels" de l'État hébreu.

Un pont aérien secret

Les séfarades vivent donc souvent dans d'immenses bidonvilles, voire des camps de tentes. Mais les Yéménites, eux, sont particulièrement maltraités: 48 000 d'entre eux ont été "amenés" en Israël en 1948 et 1949, dans le cadre de l’opération "Tapis volant" - un pont aérien secret lancé avec le soutien des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

En fait du "paradis", qu'il croyait atteindre en Terre Promise, c'est l'enfer qui les attend. Notamment pour les parents de 3 à 5000 enfants enlevés par des infirmières... à des fins de vaccination. Mais la plupart ont été déclarés morts ou disparus...

Pression des familles

Nombre de leurs proches étaient persuadés, depuis plus de 60 ans, qu'ils avaient en fait été "vendus" à des familles occidentales en vue d'une adoption. Aucun n'imaginait la terrible vérité qui semble se dessiner au fil des enquêtes - longtemps empêchées.

Depuis les années 1960, sous la pression des familles, trois commissions d’enquête ont été créées pour élucider le mystère, en vain. Ce n'est qu'à l'été 2016 que, acculé, même par des descendant de disparus élus à la Knesset, le gouvernement de Benyamin Netanyahou autorise la publication de 200 000 documents classifiés, et entrouvre la porte à la terrible vérité.

Une mort "programmée"?

Ygal Yossef, descendant d’une famille marquée par la disparition d’un proche, veut "vider l'abcès, quoi qu'il en coûte". Il a même obtenu et fourni aux députés des copies de certificats de décès "en blanc" et antidatés... prouvant la mort "programmée" de nombreux cobayes.

Il sait, bien sûr, qu'Israël lors de sa création était un "foutoir", mais il ne veut pas que cela serve d'excuse: "Nos parents étaient des gens faibles ne comprenant pas bien l’hébreu et ne connaissant pas leurs droits. Ils ont été abusés. [...] Je ne réclame pas la vengeance. Seulement la justice", assure-t-il au Temps.

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La sacralisation de l’État d’Israël

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Lors du 75e anniversaire de la Rafle du Vel’ d’Hiv’, Emmanuel Macron, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, a déclaré, sous les applaudissements de l’assistance : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »

Le lobby judéo-sioniste a réussi, grâce au régime républicain [1], cet exploit proprement « magique » ; celui de sacraliser l’État d’Israël, rendre tabou toute critique radicale du sionisme et du judaïsme et frapper d’anathème tous ceux qui remettent en question la légitimité et l’action de l’État hébreu. Et ce dans un régime (la République française) supposé être areligieux [2], axiologiquement neutre et ne reconnaissant la suprématie d’aucune religion.

Du moins c’est ce qu’imagine l’historien israélien Shlomo Sand, qui a écrit une lettre en réponse à la déclaration d’Emmanuel Macron. Naïvement, il explique au Président :

« Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir anti-juif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : “La République”, c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un État juif. Le ministère de l’Intérieur israélien recense 75% de ses citoyens comme juifs, 21% comme musulmans et chrétiens arabes et 4% comme “autres”. Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre. Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs “supporters” y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Netanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le “transfert” des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions. 
Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’État dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un État communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un État, qui, par son autodéfinition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. À votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ? [3] »

 

La sacralisation du peuple juif

 

La sacralisation en cours de l’État hébreu nécessitait au préalable celle du peuple juif. Dans l’époque contemporaine, où règne, du moins en apparence, l’athéisme, il fallait, pour faire accepter aux goyim (les non-juifs [4]) occidentaux l’idée de la sacralité des juifs, inventer un culte « profane », ou plus précisément, un culte dépourvu de transcendance.

Ce culte, aujourd’hui admis en Occident, est celui de la Shoah (mot hébreu signifiant « catastrophe »). Ce culte fut édifié par un holocauste (terme torahique désignant un sacrifice expiatoire ou rémunératoire) humain. L’holocauste humain était pratiqué par nombre de peuples païens antiques, tandis que les Hébreux, pour expier leurs fautes, s’épargner le courroux de l’Éternel-Dieu, ou obtenir de Lui des avantages matériels, pratiquaient le sacrifice animal.

Mais dans le cas du culte shoatique, l’objectif était de le substituer au christianisme pour remplacer Jésus par un autre dieu-messie (c’est au XVIe siècle, avec la kabbale lourianique, que les juifs ont été substitués au Machiach attendu [5]), le peuple juif sanctifié. Ainsi le sacrifice sur la Croix est remplacé par la Chambre à gaz et le four crématoire, le Golgotha par Auschwitz, le chemin de croix par les rails de train où passaient les wagons de déportés (d’où la commémoration quasi-religieuse du Vel’ d’Hiv’).

D’ailleurs, le célèbre rabbin Ron Chaya, qui enseigne dans une école talmudique à Jérusalem, affirmera (dans un français approximatif) :

« Les bienfaits de la shoah, c’est inimaginable ! Inimaginable ! Grâce à quoi l’on vit aujourd’hui, si ce n’est pas par le mérite de cette souffrance ? Tout à coup, après la shoah… l’organisation des Nations Unis donne la Terre d’Israël (la Palestine) au peuple juif. Et par quel mérite, si ce n’est par la souffrance de tous ces juifs qui sont partis ? 
Ces souffrances, c’est terrible, mais pour un peu de souffrance, tu reçois l’infini, ça vaut l’coup ! [6] »

Cette capacité des hommes politiques juifs a instiller leurs idées au sein des peuples et imposer leurs lois, était déjà pointée du doigt par Sénèque (1-65) : « Les Romains ont adopté le sabbat [7] », déplore-t-il, et ailleurs, parlant des juifs il écrit « Cette abominable nation est parvenu à répandre ses usages dans le monde entier ; les vaincus ont donné des lois aux vainqueurs [8]. »

Le grand historien du judaïsme et du messianisme juif, Gershom Scholem, ne dit pas autre chose lorsqu’il explique le but ultime des mystiques juifs :

« Une fois le judaïsme rabbinique cristallisé dans la Halakhah (la Loi juive formée par la Torah et le Talmud), les forces créatives, ranimées par un nouvel élan religieux – qui ne tentèrent pas ni ne furent jamais en mesure de modifier le judaïsme halakhique solidement établi –, trouvèrent à s’exprimer, pour la plupart, dans le mouvement kabbalistique. 
Elles œuvrèrent le plus souvent de l’intérieur, s’efforçant de transformer la Torah pour faire de la loi du peuple d’Israël la loi secrète propre à l’univers et, par suite, à donner au juif, hassid ou zaddik (les mystiques « pieux » et « justes »), un rôle vital dans le monde [9]. »

Ici, Gershom Scholem nous dit en substance que la finalité du judaïsme poltitique, via sa mystique, est de faire de la Loi des juifs la loi secrète universelle, afin d’insuffler aux autres religions, idéologies, philosophies, aussi bien qu’aux institutions et à l’organisation des États, l’esprit du judaïsme. Ceci en vue de faire adhérer à leur insu les non-juifs à cette loi – ignorance liée à son caractère occulte – pour que ne subsiste en fin de compte que le judaïsme sous ses divers visages ou habillages.

Aujourd’hui, ce qui est exigé des goyim, c’est d’accepter sans résister la sacralité du peuple juif et son règne. Ceci fut affirmé notamment par l’essayiste et journaliste politique juif français Bernard Lazare (1865-1903) :

« Sans la Loi, sans Israël (le peuple juif) pour la pratiquer, le monde ne serait pas, Dieu le ferait entrer dans le néant ; et le monde ne connaîtra le bonheur que lorsqu’il sera soumis à l’empire universel de cette loi, c’est-à-dire à l’empire des juifs [10]. »

Espérance de domination universelle présente dans toute la littérature juive moderne, comme l’a très largement démontré Hervé Ryssen dans ses travaux. Mais au Ier siècle déjà, cette espérance de domination universelle était affirmée, notamment par le philosophe juif d’Alexandrie, Philon (25 av. J.-C- 50 ap. J.-C) lorsqu’il recommandait à ses coreligionnaires de ne pas irriter les sophistes, pour ne pas provoquer d’émeutes, et d’attendre patiemment leur châtiment, qui arrivera le jour où l’Empire juif sera établi sur le monde entier [11].

Quant à Cicéron (106 av. J.-C-43 av. J.-C), il décrivait un phénomène tout à fait contemporain : avant la destruction du Second Temple, les juifs installés à Rome et qui s’y enrichissaient, utilisaient les deniers qu’ils tiraient de la République romaine pour soutenir Jérusalem [12].

 

L’État d’Israël et le sionisme : à l’origine d’un nouvel antisémitisme ?

 

Comme l’a exposé Bernard Lazare dans son ouvrage L’Antisémitisme, son histoire et ses causes, depuis l’Antiquité, à Rome, à Alexandrie et ailleurs, puis durant tout le Moyen Âge en Europe, la présence des juifs et leurs activités (notamment économique) a systématiquement déclenché l’antijudaïsme des peuples.

Cette question se pose à nouveau mais de manière différente aux époques précédentes, pour deux raisons : la mondialisation, qui permet, entre autres choses, et via Internet, de diffuser la même information, les mêmes faits, la même réalité, instantanément et partout dans le monde. Et l’existence de l’État d’Israël dont les atrocités qu’il commet et l’incroyable insolence qu’il affiche ne manquent pas d’atteindre presque tous les habitants de la planète._ La conséquence en est la montée graduelle, et à terme exponentielle, de l’antijudaïsme et de l’antisémitisme, de manière simultanée dans de nombreux pays du monde. Car de fait, ce ne sont pas les antisionistes qui amalgament le judaïsme et le sionisme, mais les juifs sionistes eux-mêmes. 
Comment ne pas voir, dans le racialisme et le racisme pratiqués dans l’État hébreu autre chose que l’application des lois juives ? Lois qui étaient jusqu’ici largement méconnues des masses non-juives.

À titre d’exemple représentatif du lien étroit existant entre le judaïsme et le sionisme, et entre l’État d’Israël et les prêtres juifs, j’évoquerai le fameux Yossef Ovadia (1920-2013), grand rabbin d’Israël qui fut le fondateur et le guide spirituel du Shass, troisième plus important parti en Israël. Ce Yossef Ovadia, décédé en 2013, était considéré comme une sommité et son influence politique était incontestable, au point que le journaliste franco-israélien Marius Schattner écrivait à son sujet : « Il s’est imposé comme faiseur de rois de la quasi-totalité des gouvernements israéliens depuis trente ans [13]. »

Après la mort de Yossef Ovadia, le Premier ministre Benjamin Netanyahou lui a rendu un vibrant hommage en le qualifiant de « géant de la Torah » et « guide pour une multitude ». Peu de temps avant sa mort, le rabbin reçut la visite du président israélien Shimon Pérez. Il était aussi important pour les dirigeants que pour le peuple israélien qui était au nombre de 700 000 à son enterrement, ce qui représente un dixième de la population israélienne.

Le discours et la vision politique de celui qui fut jusqu’à sa mort récente la plus haute autorité religieuse d’Israël, se situent dans la droite ligne de la loi juive (Torah et Talmud). 
Conformément aux promesses d’extermination des peuples voisins des Hébreux énoncés dans le Deutéronome et dans le livre de Josué, le Rabbi Ovadia a déclaré au sujet des Palestiniens :

« Puissent-ils disparaître de la Terre. Puisse Dieu envoyer un fléau aux Palestiniens, ces enfants d’Ismaël, ces vils ennemis d’Israël [14]. »

En 2001, Yossef Ovadia, dans un sermon, a appelé à l’extermination pure et simple des Arabes : « Il est interdit d’avoir pitié d’eux. Vous devez envoyer des missiles et les annihiler. Ils sont mauvais et détestables », et il ajoute : « Le Seigneur retournera les actions des Arabes contre eux-mêmes, épuisera leur semence et les exterminera, les dévastera et les bannira de ce monde [15]. »

Ayelet Shaked, l’actuelle ministre de la Justice israélienne, appela, lorsqu’elle était membre de la Knesset (parlement israélien), durant le bombardement de Gaza en juillet 2014, à « tuer toutes les mères palestiniennes [16] ». Une proposition génocidaire ingénieuse faisant écho aux propos de Yossef Ovadia qui parlait d’épuiser la semence des Arabes [17].

En 2012, Yossef Ovadia a appelé tous les juifs à prier pour l’annihilation de l’Iran. Ce qui est intéressant, c’est que, précédemment à cet appel, des dirigeants du ministère de la Défense, ainsi que le président du Conseil à la Sécurité nationale Ya’akov Amidor et le ministre de l’intérieur Eli Yishai, avaient rendu visite au rabbin pour le persuader de soutenir une éventuelle attaque d’Israël contre l’Iran. Mais Ovadia avait déjà tenu un discours similaire à propos de l’Iran, une semaine avant de recevoir la visite de ces dirigeants israéliens [18].

Selon la loi juive, comme l’explique Yossef Ovadia, si les non-juifs méritent de vivre, ce n’est que pour servir Israël :

« Les Goyim sont nés seulement pour nous servir. Sans cela, ils n’ont pas leur place dans le monde – seulement à servir le Peuple d’Israël. »

Ne s’arrêtant pas là le rabbin poursuit en expliquant pourquoi les non-juifs jouissent d’une significative longévité :

« Ils ont besoin de mourir, mais Dieu leur donne la longévité. Pourquoi ? Imaginez qu’un âne appartenant à un juif meurt, le juif perdrait son argent. Ils ont une longue durée de vie pour bien travailler pour nous. »

Le Rabbi Ovadia précise encore sa pensée, en parfaite conformité avec les enseignements de la Bible hébraïque, lorsqu’il avoue très ingénument :

« Pourquoi les goyim sont-ils nécessaires ? Ils vont travailler, ils cultivent, ils récoltent… C’est pourquoi les goyim ont été créés [19]. »

Certains de ceux qui n’auront pas lu la Bible hébraïque, diront que Yossef Ovadia l’a lue de travers. Bien au contraire, ce grand érudit la connaissait par cœur et la suivait à la lettre. Ovadia ne fait que se conformer à ce passage (parmi d’autres) biblique que l’on trouve dans le livre d’Isaïe :

« Des gens du dehors seront là pour paître vos troupeaux ; les fils d’étrangers seront vos laboureurs et vos vignerons. Et vous serez appelé prêtres de l’Éternel, on vous nommera ministre de notre dieu. Vous jouirez de la richesse des nations et vous tirerez gloire de leur splendeur » (Isaïe, 61 :5-6)

D’après l’enseignement de la Bible hébraïque, les peuples étrangers vivant près d’Israël et en Israël ne doivent leur survie qu’à leur statut d’esclave potentiel, sans cela, ils doivent être exterminés (voir comment le Foyer national juif puis l’État d’Israël ont mis en application la stratégie de conquête du livre de Josué dans mon ouvrage : Occident et Islam – Sources et genèse messianiques du sionisme). Servir ou mourir, tel est le destin des Palestiniens et des peuples voisins d’Israël ou ceux qui sont les victimes désignées de sa vindicte.

Yossef Ovadia n’est pas une exception dans le monde rabbinique, il en est l’incarnation, lui qui est considéré comme le maître de la génération.

Et cette horrible réalité de la Bible hébraïque, aujourd’hui, c’est l’État d’Israël, qui met en application la loi juive, et le sionisme international (qui défend les intérêts de cet État), qui permettent aux masses du monde entier d’en prendre connaissance. 
Le lien de causalité entre sionisme et antisémitisme se situe là, et non pas dans la lutte antisioniste.

La question juive, et plus précisément celle de l’antijudaïsme, est par conséquent inséparable de la question sioniste et de la politique israélienne.

Youssef Hindi

Notes

[1] A ce sujet, lire mon article : « La République et la kabbale, une histoire occultée », Geopolintel :http://www.geopolintel.fr/article1989.html

[2] Sur la religion de la République française, voir : Youssef Hindi, La Mystique de la laïcité, Généalogie de la religion républicaine, Sigest, 2017.

[3http://www.algerieinfos-saoudi.co%7Dm/2017/07/la-lettre-de-shlomo-sand-a-emmanuel-macron.html

[4http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/goyim

[5] Voir : Youssef Hindi, op. cit., chapitre II.

[6https://www.youtube.com/watch?v=Fa05gwDRpwE

[7Hist. Nat., XIII, 4.

[8] Epître XCV. Cité par Bernard Lazare, L’Antisémitisme, son histoire et ses causes, 1894, réédité par Kontre Kulture, 2012, p. 31.

[9] Gershom Scholem, La kabbale : une introduction, thèmes et biographies, Gallimard, 2003, pp. 46-47.

[10] Bernard Lazare, op. cit. p. 15.

[11] Cité par Bernard Lazare, op. cit. p. 27.

[12] Cité par Bernard Lazare, op. cit. p. 30.

[13] Cyrille Louis, « Disparition d’un « géant de la Torah » », Le Figaro, 07/10/2013.

[14Courrier international, « Les dérapages incontrôlés du rabbin Ovadia Yossef », 10/09/2010.

[15] BBC News, Rabbi calls for annihilation of Arabs, 10/04/2010.

[16] Press TV, Mothers of all Palestinians must be killed : israeli MP, 16/07/2014.

[17] Projet d’extermination et génocidaire dont l’originaire se trouve dans le corpus biblique. Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam – Sources et genèse messianiques du sionisme, chapitre IV, 2015, Sigest.

[18] Haaretz, « Shas spiritual leader calls on Jews to pray for annihilation of Iran », 26/08/2012.

[19] The Times Of Israel, 5 of Ovadia Yosef’s most controversial quotations, 09/10/2013.

Approfondir le sujet avec Kontre Kulture :

  • kontrekulture.com | Septembre 2011 | Bernard Lazare |2

    L’Antisémitisme, son histoire et ses causes

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    « Je n’approuve pas l’antisémitisme, c’est une conception étroite, médiocre et incomplète, mais j’ai tenté de l’expliquer. Il n’était pas né sans causes, j’ai cherché ces causes. Ai-je réussi à les déterminer ? C’est à ceux qui liront ces pages d’en décider. Il m’a semblé qu’une opinion aussi universelle que l’antisémitisme, ayant fleuri dans tous les lieux et dans tous les temps, avant l’ère chrétienne et après, (...)

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